Balance SOSPAPA
Séparation et paternité, S.O.S Papa !
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Depuis quelques mois, on parle beaucoup du droit des pères et de leur rôle irremplaçable dans l’éducation des enfants. N’est-il pas temps ?

TotiCe n’est déjà pas si facile d’être un bon parent et d’éduquer convenablement ses enfants au sein d’un couple uni, ceci devient franchement difficile lorsque les parents se séparent ou divorcent. C’est même un tour de force lorsque ceux-ci sont en conflit ouvert et que l’enfant est instrumentalisé, soit pour la garde, soit pour la pension alimentaire. Or, de façon constante, 60 % des divorces sont conflictuels. Chaque année près de 120.000 enfants sont touchés par le divorce et un nombre très important, également, par la séparation de leurs parents non mariés.

Les pratiques sociales et judiciaires, malgré les discours sur l’égalité parentale, la parité ou la co-parentalité, s’appuient encore aujourd’hui sur une prévalence quasi absolue de la mère, surtout pour les enfants jeunes, ainsi que sur un modèle social qui limite en réalité l’éducation au fait d’élever physiquement l’enfant. La Justice familiale attribue ainsi la « garde » de l’enfant à un seul parent, qui « élève » l’enfant, l’autre parent devenu secondaire, subalterne, n’ayant qu’un « droit de visite et d’hébergement » …et l’obligation de payer une pension alimentaire. C’est dans 90 % des cas le père qui est ainsi mis à l’écart.

Lorsque l’enfant est très jeune, un père, lorsqu’il demande la résidence principale de l’enfant, n’a pratiquement aucune chance de l’obtenir si la mère s’y oppose. Quant à la garde alternée, elle est encore attribuée de façon rare et n’évoluera que lentement, quand bien même une nouvelle loi en indiquera, timidement, la possibilité.

Les droits de visites sont loin d’être suffisants pour participer réellement à l’éducation d’un enfant. Il faut d’ailleurs qu’ils soient respectés par le parent gardien et puissent s’exercer matériellement. Les distances les rendent souvent fort onéreux et ces frais viennent s’ajouter à la pension alimentaire versée ainsi qu’aux frais de logement et d’hébergement des enfants qui ne sont jamais pris en compte.

A la longue, ces pratiques n’ont pas été sans conséquence sur l’équilibre de la société puisque les autorités s’inquiètent de la dégradation du comportement des jeunes, lié à l’autorité parentale et notamment à l’absence du père.

Sur les 2.100.000 enfants séparés d’au moins un parent, 1.500.000 ne voient leur père que moins d’une fois par mois ou plus jamais.

Si certains pères séparés sont sans doute peu responsables ou bien, plus souvent, « baissent les bras » devant l’énormité de la tâche, ceux qui aiment sincèrement leurs enfants, s’évertuant à conserver leur rôle et à assumer leur responsabilité ont d’énormes difficultés à exercer l’amour paternel lorsque la mère et les pratiques sociales et judiciaires y font obstacle.

TotoTandis qu’on évoque souvent les non-paiements de pension alimentaire - comme si toute l’éducation et la responsabilité paternelles se résumaient à cela - rarement sont évoqués les refus de présenter les enfants le week-end ou pour les vacances.

Les refus de payer la pension alimentaire sont sévèrement condamnés par la Justice pénale puisque 99 % des plaintes se traduisent par une condamnation dont 24 % par de la prison ferme. Dans le même temps, les plaintes pour non-représentation d’enfant sont condamnées à un taux de 7 ou 8 % et se traduisent par moins de 1 % de prison ferme. Encore est-il aisé de déposer plainte pour non-paiement tandis que les obstacles se multiplient dans le cas d’une plainte pour refus de présenter l’enfant.

Un autre facteur, également source fréquente de la rupture père / enfant, est le détournement d’enfant par un parent, marié ou non, avant tout jugement, toute procédure judiciaire. Il faudra alors plusieurs mois au parent victime pour revoir son enfant, dans un cadre judiciaire enfin établi, en l’absence de toute loi faisant obstacle à ces subtilisations d’enfants entre parents.

Les enfants naturels, issus de parents non-mariés, sont encore plus mal lotis que les autres en matière de droit paternel, restrictif, alors qu’ils représentent désormais 40 % des naissances.

Dans le dédale législatif, social et judiciaire qui leur est encore presque toujours défavorable, les pères séparés de leurs enfants, ceux qui en ont obtenu la résidence principale ou encore, plus rares, ceux qui appliquent un hébergement alterné, trouvent un soutien actif auprès de l’association SOS PAPA.

Créée en 1990, SOS PAPA a notamment développé un système de réunions régulières qui permettent aux pères d’étudier leur situation, de comprendre les mécanismes judiciaires, de définir les actions à entreprendre et de bénéficier d’expertises juridiques dans un cadre psychologique réconfortant.

L’association ne bénéficie d’aucune subvention et c’est une organisation entièrement bénévole mais expérimentée qui est ainsi mise en place.

A chacune des réunions, les pères, souvent accompagnés, qui d’une sœur, qui d’une nouvelle compagne, qui d’un ami, sont reçus en groupe par des animateurs bénévoles, « anciens du divorce ». Ils peuvent ainsi échanger leurs points de vue, exprimer collectivement et librement leurs préoccupations, leurs angoisses, caractériser leur situation. Ils trouvent immédiatement un réconfort et des premières orientations rassurantes sur les conduites à tenir.

Des avocats bénévoles assurent des entretiens complémentaires qui permettent des expertises juridiques et des conseils de professionnels expérimentés et habitués à la problématique paternelle.

TitiLes problèmes abordés sont « classiques » : mère qui ne travaille pas partie sans laisser d’adresse avec les enfants pour créer une situation « de fait » qui lui soit favorable au tribunal, difficultés pour exercer des droits de visite à des centaines ou des milliers de kilomètres, enfants qu’il a été impossible de voir depuis des semaines ou des mois, entrave à l’exercice de l’autorité parentale dans les services publics ou à l’école, impossibilité d’obtenir les enfants au téléphone, pension alimentaire qui laisse le père sans ressource pour organiser la réception de ses enfants, coûts prohibitifs du système juridique pour être correctement défendu, allégations mensongères dans une procédure en cours, droit de visite limité à quelques heures par mois sous prétexte du très jeune âge de l’enfant, etc. etc.

Un répondeur téléphonique tous les jours au siège régional 02 32 54 85 22