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Le 6 novembre : A qui appartiennent les enfants ?



DumasIls se sont rencontrés, ils se sont aimés, et puis, un jour , comme dans beaucoup de couples, est venu le temps de la séparation et du divorce,Le Plateau des enfants qu'on se dispute, et parfois même qu'on s'arrache. Ce sont des questions qui concernent tout le monde, des plus jeunes aux moins jeunes, qu'aborde Mireille Dumas ce soir, en compagnie de la comédienne Anny Duperey. A côté de cas extrêmes, comme celui, particulièrement fort et émouvant, de Fabienne Brin dont la petite fille a été kidnappée par son père, les hommes et les femmes réunis sur le plateau de " Vie privée vie publique " essaieront de comprendre comment un couple peut en arriver à prendre ses enfants en otage de sesdisputes. . Comme ce papa qui explique que son ex compagne l'a accusé d'attouchements sexuels sur son petit garçon, afin de conserver la garde de l'enfant. Les accusations de ce type ont tendance à se multiplier devant les tribunaux, et les magistrats s'en inquiètent. Comment faire, en effet, pour démêler le vrai du faux, la vérité de la rancœur ? . Comment respecter le droit des mères, bien sûr, mais aussi celui des pères, qui, comme Olivier Karrer ou Denis Supersac, revendiquent bruyamment leur paternité, et, enfin, celui des enfants ? Aurélien, Marlène ou Nicole feront entendre leur point de vue de fils et de filles du divorce sur une question qui les concerne, après tout, au moins autant que leurs parents Des témoignages et des reportages qui nous bouleversent tous, car si chaque histoire est singulière, elles touchent toutes au plus intime de chacun d'entre nous

Avec Franck Mejean, avocat, David Nasio, psychiatre et psychologue



Les invités

Fabienne Brin
Fabienne Brin, 34 ans, est infirmière. A l'époque des faits, en 1999, cela fait neuf ans qu'elle vit avec Habib, qui lui a donné deux petites filles. Le 24 février, Habib , qui ne supporte pas que Fabienne envisage de le quitter, décide de s'enfuir en enlevant Sara, leur fille aînée de 4 ans . Au cours de la dispute il lacère la moitié du visage de Fabienne avec son couteau. . Depuis, Habib a été condamné par défaut à 3 ans de prison, mais Fabienne reste sans nouvelles de sa fille ; elle ne sait ni où ni comment elle vit. " Je mène un combat décourageant. C'est très dur. On ne peut pas faire le deuil. On ne peut plus avancer. J'ai le cœur coupé en deux", explique cette mère qui n'a pas oublié les lenteurs et les pesanteurs de la justice lorsqu'elle est venue confier son drame. " Mais madame, les enlèvements d'enfants entre conjoints n'existent pas ", a été jusqu'à lui dire un juge peu coopératif. Aujourd'hui, Fabienne a montré sa propre association " Sara, tous ensemble pour te retrouver ". Chez elle, la chambre de la petite fille est restée telle qu'elle était, comme pour dire : " Sara, je t'attends toujours " !
· Un concert au profit de l'association " Sara, tous ensemble pour te retrouver " est organisé le vendredi 16 novembre, à 20 heures 3, salle Paul Fort, à Nantes. Au programme des artistes nantais, Jean-Claude Givone, Karim Amour, Allano et Bacochi , et des musiques pour tous les goûts : jazz, afro-cubain, flamenco etc…

Olivier Karrer
Olivier s'est marié avec une jeune étudiante allemande en 1988. Six ans plus tard, le couple a eu un fils, Julian, " un enfant de l'amour désiré et attendu ", dit Olivier. En juin 1998, son épouse part en Allemagne pour assister au mariage d'un cousin de Hambourg. L'enfant et la jeune femme ne reviendront jamais . Commence alors une longue période de brouilles et de tractations judiciaires où les tribunaux allemands et français donnent le sentiment de se battre à coups d'articles de loi comme des chiffonniers. Olivier a mobilisé avocats et associations avant de se décider à observer une grève de la faim à Berlin, où " Vie privée vie publique " l'a retrouvé avec d'autres pères séparés eux aussi de leur enfant.

Denis Supersac
Autre exemple de couple bi-national, Denis Supersac s'est marié en 1985 avec une jeune allemande rencontrée lors d'un voyage en Ecosse. Après la naissance de leur fille, en 1986, puis de leur fils, en 1989, la mésentente s'installe dans le couple. De demandes de divorce en jugements contradictoires sur la garde des enfants, commence alors un autre marathon judiciaire. Aujourd'hui Denis Supersac vit avec son fils, tandis que sa femme conserve la garde de leur fille en Allemagne . Entre les deux un mur d'incompréhension, comme le montre cette émission de télévision où la jeune femme et sa fille critiquent le comportement de Denis. Supersac est à l'origine de la création de " Sos enlèvements internationaux d'enfants " et de " Sos enlèvements d'enfants par l'Allemagne "


Anny Duperey

Anny Duperey " Je déteste le sexisme anti-pères qui règne aujourd'hui ", répond Anny Duperey à ceux qui s'étonnent de son engagement en faveur des pères divorcés, à travers l'association SOS PAPA, dont elle est la marraine. Ayant perdu très tôt ses parents - elle avait neuf ans lorsqu'ils sont morts tragiquement, comme elle le raconte dans " Le voile noir " - elle ressent " la frustration des enfants privés de leur père comme de leur mère ", et explique que : " seule la mort a le droit de séparer les êtres de cette façon là ". " Quand je vois tous ces pères traités par la justice comme des présumés coupables, je trouve ça gravissime ", affirme l'actrice. Elle même séparée du père de ses enfants ; l'acteur Bernard Giraudeau, Anny Duperey raconte comment elle a découvert à cette occasion le pouvoir " exorbitant "que détenaient les femmes par rapport à leur conjoint. " Beaucoup de femmes cherchent à éloigner le père au moment de la séparation, moi, c'est le contraire, j'ai prix mon ex compagnon par la main et nous sommes allés signer devant le juge un accord de responsabilité parentale partagée, afin qu'il dispose des mêmes droits que moi sur nos enfants ", explique Anny Duperey qui (elle-même séparée de sa sœur lorsqu'elle était enfant) se bat avec la même vigueur pour que l'on ne sépare pas les frères et les sœurs lors des divorces. Convaincue que les enfants n'appartiennent ni à leur père ni à leur mère, mais "s'appartiennent d'abord à eux mêmes ", elle livre la clé de sa philosophie : " je n'oublie pas que je suis une ancienne enfant qui a fait des enfants ".
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Denis
Attouchements, pédophilie… Ce type d'accusations tend aujourd'hui à se répéter lorsqu'un divorce tourne mal, et les magistrats qui l'ont constaté s'en inquiètent ouvertement . Denis, 42 ans , profession libérale, a été accusé par la mère de son petit garçon de 4 ans d'agressions sexuelles. Objectif : faire destituer Denis de ses droits parentaux! Résultat : en 3 ans, l'enfant a vu 22 médecins, subi 8 touchers anaux et une anuscopie sous anesthésie générale !. " Moi je n'ai jamais cherché la guerre, je trouvais normal qu'un petit enfant vive avec en priorité chez sa mère ", dit Denis qui a vécu le bagne. Après 12 plaintes (" elle a même porté plainte contre ma mère de 75 ans pour actes de pédophilie ", dit Denis ), 12 procédures, et en raison de la fragilité psychologique de la mère, l'enfant a fini par être confié à son père il y a 3 mois. La mère n'a droit aujourd'hui qu'à 2 heures de téléphone par semaine. Mais, commente Denis, avec amertume, " comment un enfant va-t-il construire sa vie sur une telle aberration ? "


Nicole
40 ans , employée dans les assurances, Nicole a tout juste 6 ans lorsque ses parents divorcent. La petite fille voit s'écrouler son univers et découvre douloureusement le monde compliqué des adultes. Eloignée de son père pendant toute son enfance, Nicole continue aujourd'hui encore à porter la marque de cette séparation " Je ne rattraperai jamais les moments perdus avec mon père. Ce n'est pas aujourd'hui, à mon âge, que je vais aller m'asseoir sur ses genoux " Adulte, Nicole n'a jamais pu se résoudre à avoir des enfants. Pour ne pas reproduire l'histoire de ses parents ? " A 15 ans, j'avais pris ma décision : je n'aurais jamais d'enfants car je ne voulais pas qu'ils courent le risque de vivre ce que j'avais subi ". " On n'écoute pas suffisamment les enfants qui se trouvent dans cette situation, dit elle. Les parents sont seuls responsables. Ils ont des devoirs et non des droits envers leurs enfants "

Jean-Pierre Bonnefond
50 ans, professeur d'éducation physique, Jean Pierre est marié depuis 23 ans lorsque sa femme le quitte en 1997. Tous les deux refusent pourtant les surenchères qu'on leurs suggère afin de mettre en place un système de résidence alternée adapté en fonction du rythme de chacun des enfants. " Les avocats vous mettent la pression pour que vous gagniez, dit Jean Pierre. Mais gagner quoi ? La garde des enfants ? Il n'y a pas de gagnant. L'enfant n'appartient à personne ! "

Aurélien
Ses parents ont divorcé quand il avait 9 ans. Aurélien habite alors chez sa mère et se retrouve un week end sur deux et la moitié des vacances chez son père. A l'âge de douze ans, assisté d'un avocat, il ira lui-même demander au juge une réduction des droits de visite de son père. Etudiant en classes préparatoires, Aurélien a aujourd'hui 18 ans. Quel jugement porte-t-il sur sa sévérité passée vis à vis de son père ?

Marlène et sa mère
Marlène, 15 ans, est une enfant du divorce et de la garde alternée Elle est venue très officiellement en parler au printemps dernier à l'Assemblée nationale. " Ce qui a été le plus dur pour Marlène, dit sa mère, c'est de voir que son père et moi nous nous entendions très bien. Elle n'a pas compris pourquoi on avait divorcé, et elle a toujours voulu croire à nos retrouvailles "